par LarDon » Mer Déc 24, 2008 1:42 pm
Salut,
Je suis le Lardon qui naviguait sur le MPS.
J'aimerai à mon tour que les trois personnes qui ont insulté verbalement l'équipage de 49er présentent des excuses.
Je suis particulièrement outré quand j'entend la manière dont vous vous appropriez le lac, décidant que certains ne puissent plus venir.
J'en resterai donc la pour les remontrances, et sans gros mots, car je ne suis pas venu pour ca et ce n'est pas comme ca que j'ai l'habitude de parler aux gens.
Par contre, moi, j'ai envie que les choses avancent, et je vais plutot me pencher sur la communication et la compréhension de la problèmatique, qui me semblent les deux points clés de notre pratique commune.
1) Situation géométrique:
La mise à l'eau à laquelle vous greez est située au 2/3 amont du plan d'eau. Vous faites des bords de travers entre cette cale et l'autre bord, selon une ligne qui varie selon l'orientation du vent. Vous formez lorsque vous etes beaucoup une sorte de rideau mobile, à vitesse variable. En avez vous conscience?
Le parcours des skiffs(puisqu'il s'agit bien de ceux la) est perpendiculaire au votre, puisque nous remontons le lac au près avant d'abattre au vent arrière pour envoyer le spi, et qu'on reloffe au largue pour accélérer. Ce faisant, on doit tirer des bords au près, mais aussi au portant. Les empannages sont des manoeuvres difficiles et il tient à chaque bateau de savoir si il veut en faire beaucoup pour s'entrainer, ou les limiter pour limiter les chances de trempette.
2) Compréhension du fonctionnement d'un skiff au portant:
En outre, chose importante pour votre compréhension, nous sommes autant que vous sujet à la variation d'orientation du vent apparent. Si on va lentement (molle), le vent adonne, et on doit loffer pour aller rechercher de la puissance, parfois jusqu'au travers. Lorsque l'on accélère et partons au planning, le vent refuse et on doit abattre, parfois jusque plus loin que la fausse panne. Selon la risée et notre vitesse, on peut donc avoir une trajectoire variant entre le travers et le vent arrière, et une vitesse de descente entre 0 (perpendiculaire au vent) et 2 fois la vitesse du vent.
Génial me direz vous, à condition de ne pas être bien réglé, on peut donc choisir notre trajectoire pour vous éviter, en respectant non les règles de priorité mais les règles de savoir vivre sur l'eau. Sauf que non, il faut aussi compter avec la "death zone": quand le vent monte, c'est le vent qui decide notre trajectoire. Sur un bateau comme le Musto, à partir de force 3, je suis au trapèze sous spi, et si une risée arrive, je ne peux comme vous me pencher en arrière et ouvrir un peu la voile pour assumer la risée et en profiter pour acclérer, je dois "suivre" la risée en abattant légèrement. Avec de l'entrainement ca devient naturel et surtout absolument nécessaire, car lorsque la risée diminue, je dois de meme reloffer, car si je ne le fais pas, je me retrouve le cul dans l'eau. La dynamique de ces variations de trajectoires dépendent de la stabilité du vent en force et en direction, soit au barrage une dynamique assez élevée. Si ce suivi du vent n'est pas effectué, la gite devient en un quart de seconde( littéralement, pas littérairement) très élevée et on peut donc chavirer pour une erreur de barre ayant duré une demi seconde.
Voila les explications du pourquoi on ne peut parfois pas décider de manière claire comment on va vous passer, et ce jusqu'au dernier moment.
3) Relativisation
Je ne sais pas si vous avez déja vu sur le net des régates se déroulant sur les réservoirs anglais, ou en australie dans la baie de sydney ou de Melbourne, mais lors de ces régates, les bateaux ou planches qui ne participent pas à la régate passent à moins de 5 mètres des bateaux en course, croisant parfois jusqu'au milieu de la ligne de départ. Tout ca pour dire que c'est bien la maitrise(ou la non maitrise), la peur(ou la confiance) et l'habitude(ou le manque d'habitude) qui définissent tout sur les référentiels de sécurité.
Par ailleurs, en ce qui concerne les skiffs, il est toujours possible de chavirer pour éviter un contact, meme si tout le monde n'a pas ce réflexe. Et ce à la gite(mat tombe sous le vent) ou a la contre gite ( mat tombe au vent). La précision de barre est tellement fondamentale que le barreur a cette opportunité.
De meme, si il y a concertation dans l'équipage, il peut y avoir tentative de lofer le plus possible en choquant et gitant. Par la force du vent de dimanche, il s'agit de 10 degrés au maximum, car au dela, le bateau n'est pas naviguable(death zone)
Par ailleurs, j'ai l'impression que ce qui vous frustre, c'est surtout d'être immobilisés à faible vitesse, soit pas au planning: on a pas peur du traffic quand on ne fait que dépasser les gens sur une piste de ski ou sur l'autoroute. Par contre, quand on doit s'en remettre à la maitrise de skieur, voitures ou bateaux plus rapides et mobiles, ca peut mettre son égo a défaut: il faut assumer de ne plus être le maitre de la situation. Je ne veux pas dire par la que les skiffs sont plus rapides, mais simplement que lorsque on planne pas , il faut assumer de laisser au bateau manoeuvrant la responsabilité, et lui faire confiance. Ca s'apprend.
4) Communication
4a) Avant d'aller sur l'eau
Dire bonjour est une chose, répondre aussi. Les habitudes et les modes de fonctionnement et la compréhensions de la différence en sont encore une autre. Paul en 49er peut ne pas avoir entendu le salut. Sur quelle énorme montagne de défense faut il être pour penser qu'il ai snobé le salut?
Par ailleurs, Paul a plus de 50 ans et n'est pas francophone de naissance. Son équipier est anglais et parle moyennement le francais.
4b) Sur l'eau
A nos vitesses, il est difficile de se faire entendre, par contre moi ca ne me dérange pas de me faire traiter de tous les noms sur l'eau, si quelqun estime a tord ou a raison que je l'ai mis en danger. Ladrénaline la peur excuse beaucoup de chance: il ne faut pas hésiter a s'exprimer sur leau.
4C) Sur la cale, après la nav
La, il faut communiquer et s'expliquer, de manière respectueuse et constructive. Sur le probleme, mais aussi sur les pratiques.
4d) Ailleurs
Il faut échanger pour mieux se connaitre. Moi quand je vais naviguer en hiver, il n'y a ni bateau ni bateau a moteur pour assurer ma sécurité. J'aimerai que les planchistes connaissent mieux ma manière de naviguer pour qu'ils puissent assumer une veille passive efficace en regardant de temps en temps si ca va bien pour moi.
De la meme manière, quand je vois un planchiste qui dérive sous le vent de votre bord de travers fétiche, je vais tout de suite le voir quand je passe a coté pour voir si ca va et si il est pas KO.
Les insultes proférées ne me donnent plus aucune confiance dans la vieille passive sur laquelle je pouvais espérer me reposer. C'est dommage, car je pense qu'on gagne tous a naviguer ensemble.
5) Polyvalence
Je ne savais pas que Quentin avait de nouveau un bateau, mais je confirme que il est très formateur d'apprendre a naviguer sur des bateaux ou planches différentes. Chacun dans son domaine est possesseur d'une certaine forme d'expertise dont il ne tient qu'a nous de partager.
6) Petites remarques
Les remarques qui sont non seulement insultantes mais qui sont menaçantes, ca meme avec des excuses, je ne les oublies pas.
Votre site internet et votre forum est très bien fait.Juste la couleur du fond d'écran sur lequel on lit et on écrit, qui casse les yeux.
Quentin pour vous maitrise le coté bateaux, mais savez vous que le bateau de Paul ne coute pas 10000 euros, mais qu'il est en train de le vendre pour 2 fois moins au moins?
Quentin est une quiche en voile à la barre.
Bravo à ceux qui ont eu le courage de lire jusqu'au bout ,et en ce qui me concerne, je vous dis à bientot sur l'eau.