PARLEMENT WALLON
SESSION 2010-2011
COMPTE RENDU INTEGRAL
Séance publique de Commission
Commission des affaires intérieures et du tourisme
Mardi 12 juillet 2011
http://nautilus.parlement-wallon.be/Archives/2010_2011/CRIC/cric184.pdf
QUESTION ORALE DE MME SAENEN À M. FURLAN, MINISTRE DES POUVOIRS LOCAUX ET DE LA VILLE, SUR « LES VÉLIPLANCHISTES DES LACS DE L'EAU D'HEURE »
M. le Président. L'ordre du jour appelle la question orale de Mme Saenen à M. Furlan, Ministre des Pouvoirs locaux et de la Ville, sur « les véliplanchistes des Lacs de l'Eau d'Heure ». La parole est à Mme Saenen pour poser sa question.
Mme Saenen (Écolo). Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, chers collègues, en mai de cette année, je vous avais déjà interrogé sur la situation des véliplanchistes des Lacs de l Eau d Heure, qui sont réunis en ASBL « Windsurf Heure ». Les sportifs se désolaient de voir leur accès à la plage fortement restreint, particulièrement en voiture, pour le transport de leur matériel. Votre réponse était, je cite : « L'enthousiasme exprimé pendant les vacances de Pâques par la plupart des véliplanchistes et des touristes nous laisse penser que le choix d'implantation était le bon et qu'il s'imposera dans le temps »
Il semble que vous ayez été très optimiste dans vos déclarations. En effet, les véliplanchistes maintiennent leur position et leur opposition au développement de nouvel Espace Fun et la place qui leur est laissée. Le parking serait trop petit et il y aurait une difficulté d accès au lac. De ce fait, les sportifs stationnent où ils peuvent, de manière sauvage, et dérangent d autant plus les autres touristes. Lors d une rencontre avec les responsables de l'ASBL, il leur aurait été promis un parking de 30 places et un accès à proximité du lac. Il semble que cela ne soit plus d actualité, les développeurs immobiliers proposant d autres solutions qui ne
satisfont pas les véliplanchistes : plus d accès direct, utilisation de chariots, voitures électriques. Je n en ajouterai pas plus mais vous demande donc, Monsieur le Ministre, comment vous allez tenir compte des besoins des véliplanchistes qui pratiquent leur sport à l Eau d Heure, depuis de nombreuses années, et qui ont des demandes, somme toute, légitimes par rapport à la pratique de leur sport préféré. Je rappelle que si les conditions d accès au lac devenaient trop difficiles, ces fidèles des Lacs de l Eau d Heure se verraient contraints de se rabattre sur des lacs hollandais, apparemment plus accueillants. Ceci serait une perte pour notre région et me semble indéfendable dans le cadre du développement du tourisme de proximité.
M. le Président. La parole est à M. le Ministre Furlan.
M. Furlan, Ministre des Pouvoirs locaux et de la Ville. Vous aurez noté, à ce stade, que je n'ai pas d'influence directe sur la pratique ni de la chasse, ni de la pêche, ni d'un autre sport aux Barrages de l'Eau d'Heure. Ce parlement l'a voulu comme cela, il y a un conseil d'administration tout à fait indépendant qui ne demande pas l'autorisation au ministre pour assumer la gestion, et c'est une bonne chose. C'est cela aussi la gouvernance. Je n'ai donc pas du tout l'intention de m'impliquer ni d'imposer des choses à cette ASBL. Il y a toujours quelque chose qui m'étonne puisque je connais relativement bien les Barrages de l'Eau d'Heure, ce sont ces gens qui veulent faire du sport et qui ne veulent pas faire 100 mètres pour pratiquer leur sport. Cela peut être un peu paradoxal et amusant. J'ai pris connaissance, avec relativement de l'étonnement, de votre nouvelle interpellation sur le sujet.
En effet, à ma connaissance et je conviens qu'elle est imparfaite puisque je ne gère pas directement les Barrages de l'Eau d'Heure -, il ne s'agit pas de revendications émanant d'une ASBL ou alors elle est toute récente -, mais plutôt de véliplanchistes hermétiques au changement qui veulent continuer, comme ils le font depuis de nombreuses années, à pratiquer leur sport favori en continuant et vous le souligner dans votre question à stationner leur véhicule et à occuper le site de manière sauvage, en dérangeant d'autant plus les autres touristes. C'est effectivement ces anciennes pratiques et l'occupation sauvage du site que, selon mes informations, l'ASBL essaie de changer. Les gestionnaires du site des Lacs de l'Eau d'Heure essaient, tant que faire se peut, d'éviter le stationnement de voitures le long des plans d'eau ou sur le RAVeL et privilégient l'utilisation de véhicules et bateaux électriques et les modes de déplacement doux à proximité du Lac de la Plate Taille. Le projet de développement mis en œuvre tente également de faire en sorte, au travers de l'organisation de l'espace, que les desiderata du plus grand nombre soient rencontrés et que la cohabitation des différentes clientèles puisse être assurée de manière harmonieuse. Force est de constater que le comportement ou les attentes des touristes et sportifs ne soient pas toujours identiques ou compatibles les uns avec les autres. Les attentes d'un pêcheur ne sont pas identiques à celles d'un véliplanchiste, celles d'un randonneur ne sont pas celles d'un chasseur. Celles d'un nageur ne sont pas nécessairement compatibles avec celles d'un pratiquant de ski nautique. Les exigences d'un triathlète de haut niveau ne sont pas toujours celles du vététiste occasionnel. Les adeptes des barbecues sauvages au bord des lacs ou en forêt ne rencontrent que très rarement les faveurs des guides nature ou des agents de la DNF. Le stationnement sauvage au milieu des bois ou sur le RAVeL est également à proscrire, même s'il a été de coutume de le pratiquer depuis de nombreuses années. Face à ce constat, et pour revenir aux revendications de certains véliplanchistes de pouvoir stationner leur véhicule presque dans l'eau, des solutions ont été effectivement prévues. Il s'agissait, dans un premier temps, et en attendant la mise à disposition de voitures électriques, de parcourir la distance. On ne parle pas de centaines de mètres. Même cela, ils ne savent pas le faire ! Il leur faut des voitures électriques. Je pense que l'ASBL fera tout pour y pourvoir puisque ce parking, finalement, est situé à l'Aquacentre, vraiment à quelques dizaines de mètres. Qu'est-ce qu'ils ont pensé prévoir ? Ils avaient effectivement prévu un parking minute d'une trentaine de places à proximité du plan d'eau. Mais le comportement indiscipliné de la plupart des véliplanchistes fait en sorte que cette solution n'est vraiment pas la meilleure. Dès lors, ils embêtent ceux qui se baladent et ils sont en grand nombre -, qui pêchent, qui roulent en vélo ou qui font d'autres formes de tourisme aux abords du lac. Dès lors sera privilégié l'utilisation de chariots, de véhicules électriques et de containers mis à la disposition des véliplanchistes, en bordure du lac par l'exploitant, lui-même un véliplanchiste reconnu et connu dans le milieu, il s'agit du gestionnaire de «L'Espace Fun» que nous connaissons particulièrement bien et qui, franchement, est un expert en la matière. C'est sur son conseil qu'a été pris un certain nombre de mesures. Ils pourront donc, dans ces containers, entreposer en toute sécurité leur matériel afin d'éviter un va-et-vient incessant au bord de l'eau et sur le RAVEL. Des contacts entre les gestionnaires du site et les véliplanchistes sont organisés pour trouver les meilleures solutions allant dans ce sens. J'espère avoir été complet.
M. le Président. La parole est à Mme Saenen.
Mme Saenen (Écolo). Merci, Monsieur le Ministre. Oui, en effet, vous avez été complet. Maintenant, cela ne résout pas l'occupation sauvage des lieux par les véliplanchistes. Car c'est justement les infrastructures actuelles qui ne leur conviennent pas. Maintenant, vous me dites qu'il y a des contacts qui sont pris. Je crois, en effet, que le gros problème est le manque de communication, non seulement entre véliplanchistes, mais aussi entre ceux-ci et les gestionnaires du site. Peut-être cela va-t-il s'arranger. Je ferai part de votre réponse aux véliplanchistes en question et voir si, en effet, les choses s'organisent. Le problème c'est que c'est du matériel qui coûte cher. Ils doivent régulièrement changer les voiles, et cætera. S'ils ne peuvent pas mettre tout leur matériel près de chez eux, on voit le problème.
